Lorsqu'en 1975, L'Arche Haïti commença à Carrefour une communauté pour des personnes abandonnées et désavantagées par un handicap mental, il y eut une onde de choc dans la population. Comme partout ailleurs dans le monde, la peur et le rejet étaient liés au handicap mental.
35 ans plus tard, dans les heures et les jours qui ont suivi le terrible tremblement de terre du 12 janvier, c'est au tour de la petite communauté de L'Arche Carrefour, située à l'épicentre même du séisme,d'accueillir des dizaines de réfugiés du voisinage en guise de solidarité. Durant les 8 mois qui suivront,trois décès, trois naissances et deux mariages auront lieu dans L'Arche.
Il nous reste un pays à refaire
|
Mon eau goûte le chlore, choléra oblige. Mon nez ne supporte plus l'odeur de la viande morte, tremblement de terre oblige. Mes yeux sont mouillés en permanence, inondations obligent. Mes oreilles devenues sourdes, élections obligent. Une année qui marque le corps, autant que l'âme. Une année de surprises, et de choses moins surprenantes aussi. Une année où le handicap a prit une place spéciale - comme devenu réalité - dans l'esprit des haïtiens. Une année qui se termine en espoir, mais pas en attentes vaines. Jonathan Boulet-Groulx Reporter-photographe |
Ayiti chéri |
Fragilité et solidarité
À L'Arche, aider l’autre, c'est aussi découvrir que cet autre nous aide aussi, malgré sa faiblesse ou dans sa faiblesse. Tout cela crée un attachement profond. Il est alors remarquable qu'il faille toucher de si grandes fragilités pour éveiller ce sentiment d'appartenance à une même humanité.
À elle seule cependant, cette solidarité ne suffit pas à faire un pays. Il faut encore qu'elle soit partagée par la masse, et encore plus par les dirigeants.
